Venezuela : l’urgence du dialogue

La crise au Venezuela s’est fortement aggravée en mars 2017, suite à la décision du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) d’abroger les compétences de l’Assemblée Nationale, majoritairement d’opposition. Même si cette décision fut rapidement annulée, elle déclencha 4 mois de manifestations au cours desquels plus de 100 personnes ont perdu la vie. L’Assemblée nationale vénézuélienne a été élue en 2015. Cette élection a été remportée majoritairement par l’opposition, victoire qui a ouvert une paralysie institutionnelle et politique due aux désaccords entre le gouvernement et l’opposition. En parallèle, la crise économique, en partie provoquée par la baisse du prix du pétrole, duquel le Venezuela est très dépendant, s’est aggravée et le climat social a continué à se tendre un peu plus chaque jour, accompagné de nombreuses manifestations et des pillages à travers le pays.

Le Président Nicolas Maduro a annoncé récemment l’élection d’une Assemblée nationale constituante qui devrait, selon le gouvernement, résoudre la crise. Mais l’opposition a refusé de participer au scrutin et a essayé de boycotter la tenue de celui-ci, Malgré ce refus et des nombreuses condamnations internationales, l’Assemblée constituante a été élue le 31 Juillet. Majoritairement constituée de députés favorables au gouvernement, elle s’est prononcée contre la Procureure générale, qui se réfugia alors en Colombie, et des responsables de l’opposition. Cela a provoqué de nouvelles manifestations et une assez forte réprobation au sein de la communauté internationale.

C’est dans ce contexte de crise politique, économique, sociale et humanitaire que j’ai décidé de m’investir pour, d’une part m’assurer des conditions de vie de nos concitoyens résidant au Venezuela, et d’autre part me mettre au service de notre diplomatie et de notre gouvernement pour contribuer à toute tentative de dialogue constructif qui puisse aboutir à un apaisement et à une résolution de cette crise.

Pour ce qui concerne ma première priorité et responsabilité, je me suis entretenue avec notre Ambassadeur à Caracas, Romain Nadal, pour être tenue au courant des modalités et des dispositions permettant d’assurer la sécurité des français au Venezuela et pour offrir mes services M. l’Ambassadeur a proposé d’organiser un déplacement au Venezuela pour aller à la rencontre de nos concitoyens et des populations affectées par la crise. Je tiens à saluer le travail mené par M. Nadal et ses collaborateurs et collaboratrices à l’Ambassade de Caracas afin de promouvoir un dialogue constructif entre les deux parties concernées.

J’ai eu l’honneur de participer à l’entretien entre François de Rugy et le Président de l’Assemblée Nationale du Venezuela, Julio Borges accompagné des députés Freddy Guevara Cortez et Rosmit Mantilla. Je suis solidaire avec leur message qui est celui de travailler en urgence pour le maintien de la paix et le bon fonctionnement des institutions démocratiques au Venezuela. Lilian Tintori avait prévu de participer à cette réunion mais elle n’a pas été en mesure de quitter le territoire vénézuélien.

Je continuerai à soutenir les initiatives menant au dialogue et à la coopération auprès des différents interlocuteurs afin de soutenir le message porté par le Président de la République française à l’égard du Venezuela :

« Je souhaite réfléchir, avec les gouvernements d’Amérique latine et d’Europe, à la manière d’éviter de nouvelles escalades y compris régionales. » Discours complet

Je suis convaincue du message à porter comme représentante de la nation française : le dialogue doit primer, le régime vénézuélien doit assurer le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et du calendrier électoral. Aujourd’hui l’urgence se trouve dans la protection des droits fondamentaux, dans la réponse à la crise humanitaire dans laquelle se trouve le peuple vénézuélien et dans l’établissement du respect des différentes forces politiques entre elles. Mais ce scénario ne sera possible qu’une fois que toutes les conditions nécessaires au dialogue seront remplies.

Je reste à la disposition de nos concitoyens résidant au Venezuela et de nos services sur place afin d’assurer leur sécurité et leur bien-être.

Paula Forteza et Mauricio Mejía 



Cet article a 4 commentaires

  1. Après lecture de votre article sur le Venezuela, je tiens à exprimer mon point de vue.
    Bien qu’utilisant un ton plutôt modéré, je note que vous n’évoquez pas du tout la présence, et donc une condamnation claire, de membres fascistes au sein de l’opposition de droite. Ce sujet est capital et discrédite à mes yeux votre souhait d’assurer un état de de droit et surtout du respect des droits de l`Homme. L’extrême violence utilisée par ces groupes très organisés, ne peut générer que des réactions adéquates des forces de l’ordre. et créer une spirale de violence, à laquelle je suis toujours hostile.
    De ce fait, je ne partage absolument pas la position de E Macrons relative au Venezuela qui, dans d’autres occasions lors d’ événements- bien moins graves d’ailleurs- dans notre pays, condamnait beaucoup plus radicalement de tels agissements. Le deux poids, deux mesures; discrédite son auteur, manifestant une position politique contre un gouvernement élu, je le rappelle, démocratiquement.

  2. Bonjour Madame la Députée,
    Puisque mon commentaire sur votre compte officiel Facebook n’avait pas trouvé de réponse de votre part, je me permet de réitérer sur votre site officiel, qui sera j’espère une plateforme d’échange entre vous et les concitoyens de la 2nde circonscription:
    « au sujet de Lilian Tintori, c’est une blague j’espère? La femme de Leopoldo Lopez érigée en défenseuse des droits de l’Homme. Aussi cocasse que quand l’ambassadeur de Riyad auprès des Nations unies, Faisal Trad, avait été promu a la tête du groupe consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
    Même Monsieur de Villepin, que l’on ne peut qualifier de gauchiste a rappelé la situation du Vénézuéla et notamment la présence de « groupes bien peu démocratiques » dans l’opposition.
    Si vous avez raté l’entrevue de Mr de Villepin sur france inter je vous laisse a continuation la video: https://www.facebook.com/franceinter/videos/1508536939181421/ »

    Cordialement.

  3. Ne pensez-vous pas qu’il soit un peu tard pour prôner le dialogue ? Un point de non retour n’a-t-il pas déjà été atteint ? N’est-ce pas plus risqué de vouloir dialoguer avec des narcotrafiquants que l’inconstitutionnalité pour le casier judiciaire des députés ?

  4.  » Lilian Tintori avait prévu de participer à cette réunion mais elle n’a pas été en mesure de quitter le territoire vénézuélien. » Pourquoi cette langue de bois typique des politiciens.
    Madame Tintori n’a pas pu voyager parce qu’on lui a retiré son passeport abusivement sans « autres formes de procès ». Commençons à appeler les choses par leur nom si nous voulons résoudre les conflits.

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