Numérique et environnement : un enjeu d’avenir

Numérique et environnement : un enjeu d’avenir

Le XXI ème siècle fait face à deux transitions majeures : le numérique et l’environnement.

Si aujourd’hui nous avons pleinement conscience que le numérique peut servir à la transition écologique – notamment grâce à l’intelligence artificielle qui permet une meilleure utilisation de nos ressources – nous avons moins conscience que le numérique pollue.

L’objectif est à terme de faire coïncider les deux transitions, numérique et écologique, pour qu’elles se nourrissent l’une de l’autre, en d’autres termes faire rimer transition écologique et transition numérique pour produire un cercle vertueux et ne pas vider la substance de l’un au profit de l’autre. C’est donc bien deux révolutions qu’il y a à mener en même temps et il est faux de penser que la bataille contre le réchauffement climatique se gagnera sans le numérique ou inversement. Pour penser un numérique durable et plus éthique, il faut réfléchir un numérique vert.

Le cycle de vie d’un produit impacte notre environnement

Quelques chiffres clés

Tout d’abord la conception :

  • il faut 32 kilogrammes de matières premières pour fabriquer une puce électronique de deux grammes ;
  • il faut 80 fois plus d’énergie pour produire un gramme de smartphone par rapport à un gramme de voiture.

L’utilisation de l’outil numérique :

  • les émissions de gaz à effet de serre issues de l’usage du numérique seraient similaires au niveau produit par le trafic aérien ;
  • 7% de la consommation d’électricité mondiale vient du secteur informatique – un passage à 100% est envisagé d’ici à 5 ans ;
  • si le Cloud (serveur de stockage de données) était un pays, il serait le 6e plus grand consommateur d’électricité dans le monde avant l’Allemagne ou la France.

La fin de vie de l’outil numérique :

  • les e-déchets ont généré 2,2 millions de tonnes de composants dangereux en 2014 (mercure, cadmium, chrome) ;
  • seulement 35% des déchets numériques sont recyclés en Europe ;
  • 70% des métaux lourds présents dans le sol nord-américain proviendraient des équipements électroniques en décomposition.

 

Ces quelques chiffres permettent de prendre la mesure du phénomène et d’avoir pleinement conscience de cet enjeu majeur lors de notre construction de notre modèle numérique. L’Europe est en train de proposer un modèle alternatif à celui proposé par la Chine et les États-Unis : plus respectueux des données personnelles, plus ouvert, neutre. Le respect de l’environnement doit en être un élément clé.

Plusieurs solutions sont d’ores et déjà proposées et permettent d’adopter des comportements plus vertueux :

  • créer une adresse email éphémère pour réaliser des achats en ligne ce qui permet d’éviter un flux continu trop important ;
  • concevoir des pages web moins énergivores, plus légères où la publicité ne prend pas une trop grande part et coûte donc beaucoup en énergie ;
  • réutiliser la chaleur créée par les datacenters (lieux où de nombreux serveurs de stockage de données sont rassemblés) pour chauffer des bâtiments.

Pour l’instant ces solutions sont isolées et nous n’avons pas de vision d’ensemble à ce sujet. Les travaux sont encore trop peu nombreux, et il y a clairement un manque de conscience et de connaissance de la société, et donc des politiques publiques encore absentes. Nous travaillons actuellement à faire de ce sujet une priorité pour que nous ne nous retrouvions pas au pied du mur technologique mais aussi énergétique dans quelques années.

En ce sens, nous avions organisé avec mon collègue Matthieu Orphelin un colloque à l’Assemblée nationale le 11 décembre 2018. Il a permis de faire intervenir de nombreux acteurs sur le sujet : France Stratégie, ADEME, des start-up françaises innovantes, des chercheurs.

Nous avions également rencontrer le 15 février dernier des acteurs phares de la problématique – ADEME, Simplon.Co, France Nature EnvironnementGreenIT.fr, The Shift project, Point de M.I.R, Qarnot – lors d’une réunion au cours de laquelle nous avions échanger plus en détails sur cette problématique.

Ces prochains mois je vais donc m’attacher à prôner un numérique qui soit plus vert et durable en faisant notamment prendre conscience des enjeux forts qui y sont afférents.

 

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© 2019 Paula Forteza