Le numérique et les nouvelles technologies un enjeu d’avenir pour le marché de l’emploi : comment garantir une égalité pour tous en termes de formation, de réduction des inégalités femmes-hommes dans l’accès aux compétences et au secteur technologique ?

Le numérique et les nouvelles technologies un enjeu d’avenir pour le marché de l’emploi : comment garantir une égalité pour tous en termes de formation, de réduction des inégalités femmes-hommes dans l’accès aux compétences et au secteur technologique ?

Le numérique et les nouvelles technologies ont une influence ambivalente sur le marché de l’emploi : à la fois vecteur d’opportunités mais aussi vecteur de nouveaux risques économiques et sociaux. Désormais, la rupture technologique fait partie de notre quotidien.  L’ampleur et la rapidité de ce phénomène sur le marché de l’emploi sont inédites et gardent une part d’imprévisibilité. Par exemple, l’intelligence artificielle pourrait faire disparaître à l’horizon 2040 de 10 à 50% des emplois.

Le colloque “Des emplois dans la tech pour tous ?”, co-organisé avec la startup Social Builder et l’association “#LePlusImportant” mercredi 15 janvier 2020 à l’Assemblée nationale, arrivait donc à point nommé pour parler d’un enjeu majeur pour la France sur le marché de l’emploi. Une note de synthèse contenant 53 propositions concrètes pour favoriser la formation au numérique et réduire les inégalités femmes-hommes dans l’accès aux compétences et au secteur technologique y a été présentée. J’y intervenais en tant que Co-Présidente du Groupe d’étude Internet et Société Numérique.

 

L’ampleur et la rapidité des phénomènes du numérique sur le marché de l’emploi sont inédits. La technologie en elle-même ne permettra pas selon moi de combler les déficiences du marché du travail ; il faut au contraire prendre l’engagement que celle-ci bénéficiera au plus grand nombre, du fait de la croyance en l’État-providence français. Offrir à ceux qui risquent d’être laissés de côté de meilleures perspectives d’emploi doit être la priorité des mesures prises par les pouvoirs publics pour construire une société plus inclusive, plus juste et plus durable.

Les outils informatiques et technologies ouvrent certes de nouvelles perspectives économiques et une dynamisation du marché de l’emploi dans certains secteurs, mais ces changements sont aussi porteurs de risques qui affectent en particulier les populations fragiles socialement et économiquement.

Les acteurs politiques et économiques estiment à 13 millions le nombre de français plus ou moins éloigné du numérique en raison d’un défaut de compétences, d’accès ou de maitrise. Selon le World Economic Forum, la France est le pays possédant l’enjeu de requalification le plus fort face aux innovations technologiques. Les femmes n’occupent enfin que 27,5% des emplois du numérique, 16% des métiers techniques et leur présence décline depuis 30 ans.

Vice-Présidente de la Commission des Affaires culturelles et de l’éducation, la députée Constance Le Grip a ainsi rappelé le problème de l’illectronisme, qui concerne 13 millions de français de près ou de loin.

Le chiffre reste discuté, mais d’ici 15 à 20 ans près de la moitié des travailleurs devront changer de profession selon l’OCDE. Mais tous les citoyens ne sont pas égaux face à ces changements : l’âge, le genre, le niveau d’étude, le capital économique. Nous devons donc être critique vis-à-vis d’une vision de l’innovation technologique où tout le monde serait gagnant, du fait de la concentration des bénéfices par de grands acteurs économiques.

De ce fait, les politiques publiques doivent créer les conditions nécessaires afin que ces changements bénéficient à tous, et correspondent à la société dans laquelle nous souhaitons vivre. Il est du rôle de l’Etat d’être proactif pour assurer aussi bien la souveraineté technologique et que l’inclusion sociale. Et il est du rôle de la société civile de proposer, de réguler, d’avertir ou d’impulser. Dans un monde où le marché du travail est décrié ou encensé, il faut s’en saisir maintenant. Plus que jamais, le numérique sera, si l’on n’agit pas, susceptible de cristalliser les peurs des perdants et d’en avantager les gagnants.

Tout au long de l’après-midi, les différents acteurs publics et privés ont donc échangé autour de trois tables-rondes pour réfléchir à la place qu’occupe et qu’occupera le numérique dans le secteur de l’emploi. Il a notamment été question des conséquences de la technologie sur le travail, et de l’impact sur les professionnels.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu de ces discussions sur les réseaux sociaux de Social Builder et de #LePlusImportant.

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