Deux classes de CM2 de Cuba et du Paraguay participent à l’édition 2020 du Parlement des enfants

Deux classes de CM2 de Cuba et du Paraguay participent à l’édition 2020 du Parlement des enfants

Le Parlement des enfants est une opération organisée par l’Assemblée nationale coinjointement avec le ministère de l’Éducation nationale, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et la Mission laïque française (MLF). Elle offre aux élèves de CM2 une leçon d’enseignement civique et moral en leur proposant de découvrir la fonction de législateur. À cette fin, ils sont invités à rédiger, sous la conduite de leurs enseignant(e)s qui les accompagnent dans cette réflexion, une proposition de loi, au terme d’une discussion qui doit leur apprendre ce qu’est le débat démocratique. Cette année, deux classes de CM2 notre circonscription Amérique latine et Caraïbes ont été sélectionnées : au Lycée français Marcel Pagnol à Asuncion et à l’Ecole française Alejo Carpentier à La Havane. J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec les élèves et de découvrir leur proposition de loi : l’une sur les femmes dans l’espace public, et l’autre sur les femmes dans le sport de haut niveau

Pour cette 24ème édition, les élèves ont été invités à élaborer des propositions de loi sur le thème « L’égalité entre les femmes et les hommes ». Ce thème a permis aux enseignants de mettre en œuvre le programme d’enseignement moral et civique dans l’apprentissage « du respect de la personne, de ses origines et de ses différences » et d’aborder avec leurs élèves les enjeux de la mixité fille/garçon, notamment en matière d’orientation, de prévention des préjugés sexistes et des violences faites aux femmes, de lutte contre les discriminations.

Des échanges très riches avec les élèves de La Havane qui ont choisi de travailler sur les femmes dans l’espace public

Le mercredi 5 février 2020, j’ai pu échanger via une vidéo-conférence avec la classe de CM2 de l’Ecole française Alejo Carpentier à La Havane. Ils m’ont posé des questions très intéressantes sur ma scolarité au lycée français de Buenos Aires, mon travail de députée et du fait d’être une femme députée.

Encouragés par leur professeur Mme Isabelle Hernandez, Samira, Victor, et Alvaro m’ont ensuite présenté leur travail pour le parlement des enfants et le proposition de loi sur les femmes dans l’espace public. Nous avons échangé sur leurs idées très pertinentes et je leur ai donné quelques conseils législatifs pour enrichir leur proposition.

Ils ont notamment pointé le fait que malgré toutes les avancées depuis le début du XXème siècle pour lutter contre les discriminations femmes-hommes, l’espace public ne reflète pas ces efforts.

Ils ont pris en exemple la ville de Paris :

  • sur 6000 voies publiques, 4000 portent des noms d’hommes et seulement un peu plus de 300 de femmes, soit environ 12%.
  • Selon le fichier Fantoir qui recense tous les noms de rues, le Général de Gaulle arrive en tête du nom des voies avec 3903, la première femme, Marie Curie est en 17eme position avec seulement 999 rues.
  • Aujourd’hui, nous sommes environ 67 millions de Français dont environ 34 millions sont des femmes. 80% de la population française vit en zone urbaine.

Selon eux, si on demande par exemple à un élève de CM2 de citer des femmes célèbres, il pourra en donner deux ou trois, les réponses sont les mêmes : Jeanne d’Arc, Marie Curie et Aliénor d’Aquitaine. Alors que si l’on pose la question avec des hommes célèbres, les listes s’allongent au fur et à mesure. Seulement 18% des biographies sur Wikipédia France sont consacrées à des femmes.

Leurs propositions d’articles :

  • Article 1
    Dans les nouveaux quartiers, lors de la dénomination des nouvelles voies ou de la création de nouveaux bâtiments publics, il est obligatoire de proposer au moins un tiers de noms de femmes célèbres au niveau national ou local.
  • Article 2
    Si la voie publique porte le nom d’une femme, il faut veiller à ce que le prénom soit bien inscrit sur la plaque.
  • Article 3
    On sensibilise les habitants en mettant une plaque explicative et biographique dans chaque lieu portant le nom d’une femme.
  • Article 4
    Chaque année à l’école primaire, on étudie deux femmes célèbres par période historique et en littérature, on respecte la parité auteur-auteure / héros-héroïne dans les livres choisis.

Les élèves de Asuncion au Paraguay s’attaque à l’égalité entre les femmes et les hommes dans le sport de haut niveau

La classe de CM2 de M. Nicolas Castillo s’est intéressée à ce sujet très important en pointant notamment le fait que de nombreux états investissent des sommes considérables dans le sport de haut niveau, dont ils souhaitent faire un symbole de la force et de la qualité de leur système politique, ainsi que de leur économie et de leur culture.

Mais ces sommes sont bien souvent très inégalement réparties entre les femmes et les hommes. Dans le sport de haut niveau, les femmes ne représentent que 37,6 % des athlètes, tous sports confondus. Les obstacles sont souvent plus nombreux pour les femmes pour accéder au sport de haut niveau et ensuite pour s’y maintenir et pour y poursuivre une brillante carrière. Il est donc important de tout mettre en œuvre pour que le sport féminin puisse financièrement subvenir aux besoins de ses sportives et de ses athlètes.

Leurs propositions d’articles :

  • Article 1er
    Toutes les fédérations sportives créent dans la mesure du possible une section
    professionnelle féminine et versent un salaire de base à leurs sportives de haut
    niveau en fonction de leurs performances.
  • Article 2
    Des réductions d’impôts ou avantages fiscaux sont accordés aux entreprises ou
    organismes qui investissent dans le sport féminin de quelque manière que ce soit.
  • Article 3
    Les fédérations sportives accordent une part plus importante de leurs revenus tirés du sponsoring masculin aux sections féminines.
  • Article 4
    Les fédérations, les clubs ou les sponsors maintiennent leur aide financière aux
    sportives en cas de grossesse ou d’absence prolongée pour raison médicale.

La suite du concours

Les travaux des classes des Français établis hors de France sont transmis à l’AEFE et à la MLF. Pour les territoires et collectivités ne comportant pas d’Académie (la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna), les propositions de loi seront directement transmises au jury national.

Un jury national, composé de députés, de membres de l’Éducation nationale, de l’AEFE et la MLF, sélectionnera quatre propositions de loi parmi celles retenues par les jurys académiques.

Ces quatre propositions de loi sont ensuite mises en ligne sur le site du Parlement des enfants, afin que l’ensemble des classes participantes puissent en débattre en classe. Chaque classe choisit, parmi les quatre finalistes, la proposition de loi ayant sa préférence et procède à un vote électronique sur le site du Parlement des enfants jusqu’au 28 mai 2020 à 12h.

Les quatre classes finalistes seront invitées à l’Assemblée nationale le mardi 2 juin 2020, les résultats du vote électronique seront dévoilés. La classe qui aura obtenu le plus grand nombre de voix à l’issue du vote électronique sera déclarée classe lauréate de la 24ème édition et se verra remettre son prix par le Président de l’Assemblée nationale.

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© 2019 Paula Forteza - Députée des Français d'Amérique latine et des Caraïbes