[Mon discours] – Proposition de résolution relative à l’engagement de la France pour le renforcement d’une action internationale de lutte contre la pollution plastique

[Mon discours] – Proposition de résolution relative à l’engagement de la France pour le renforcement d’une action internationale de lutte contre la pollution plastique

Dans le cadre de la Proposition de résolution relative à l’engagement de la France pour le renforcement d’une action internationale de la lutte contre le plastique, je me suis exprimée lors de la discussion générale.

Retrouvez mon discours ci-dessous.

Chères collègues, 

Alors oui ! La pollution plastique, symbole des dérives de notre société consumériste, est extrêmement préoccupante. Plus de 400 millions de tonnes de plastique ont été produits en 2018. Un chiffre appelé à doubler d’ici à 2050 – ce qui fait franchement froid dans le dos, surtout quand on sait que 81 % des plastiques mis en circulation deviennent des déchets au bout d’une année, comme le souligne le rapport “Pollution plastique : une bombe à retardement ?” de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Micro-plastiques, nano-plastiques… Au-delà des images désolantes de nos océans remplis de déchets plastiques, nous nous rendons désormais compte que cette pollution est surtout de plus en plus insidieuse, puisqu’elle se répand jusque dans nos corps. Les dangers que cette pollution fait courir à la biodiversité et à la santé humaine sont tellement évidents qu’ils devraient nous pousser à agir sans délai et de manière efficace.

Pourtant, ce que vous nous proposez aujourd’hui est un texte trop facile après une législature manquant d’ambition.

Je ne veux pas dire par là qu’il n’y a pas de travail derrière ce texte, que les sujets soulevés ne sont pas importants ou que le consensus qu’il génère dans cet hémicycle n’a aucune valeur. Mais en lisant ce texte, je ne peux éviter d’entendre dans ma tête Greta Thunberg dénonçant le bla bla bla des dirigeants sur le climat lors du sommet des Jeunes de l’ONU en septembre dernier. 

Il s’agit ici d’adopter une résolution invitant le gouvernement à “envisager un plan national sur les plastiques”, et à porter une voix ambitieuse au niveau international ? Mais mes chers collègues, pourquoi ne pas avoir profité de ces 5 dernières années de mandat pour porter de véritables réformes, impactantes à l’échelle de notre pays ? Nous aurions ainsi pu montrer l’exemple et gagner en crédibilité au niveau international.

Dois-je rappeler que vous avez fixé à 2040 la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique ? Permettez-moi pourtant de souligner qu’au regard de l’urgence climatique, la Convention citoyenne pour le climat avait demandé à ce qu’il y soit mis fin dès 2023 ! Oui, 2023 ! Soit 17 longues années de différence ! Et, au passage, une belle entorse à la promesse de “sans filtre” faite par le chef de l’Etat… Je n’ose sortir la calculatrice pour estimer les milliers de tonnes de déchets plastiques dont nous aurions ainsi pu nous épargner.

J’ai entendu vos discours d’auto-satisfaction sur les interdictions actées ces dernières années. Les sacs plastiques ou les coton-tiges au bâtonnet en plastique ont notamment disparu des rayons de nos magasins. C’est vrai. Et cela est un bon début ! Mais je souhaite  cette fois vous rappeler que certaines de ces interdictions furent programmées sous la précédente législature. Quant aux pailles en plastique, il était prévu de les interdire à compter de 2020, avant que vous ne décidiez de reporter cette réforme d’un an…

Et voter des lois est une chose, veiller à leur application en est une autre. L’ONG No Plastic In My Sea s’est par exemple inquiétée il y a quelques jours des défauts de mise en œuvre des mesures de la loi AGEC concernant l’usage de plastiques à usage unique dans la restauration, notamment les fast-foods. Aussi, il apparaît que 70 % des restaurateurs refuseraient les contenants réutilisables amenés par leurs clients – la faute notamment à un manque de connaissance de la législation.

Chers collègues, il est urgent de cesser d’être dans l’écologie de la posture, des discours, comme le dénonce très justement Greta Thunberg. Nous n’en avons plus le temps !

En tant que parlementaires, nous avons une véritable marge de manœuvre pour d’une part, modifier les pratiques des industriels, et d’autre part, aider nos concitoyens à faire évoluer leurs modes et habitudes de consommation. Pourquoi s’en remettre à un texte à la portée uniquement symbolique ? Pourquoi ne pas avoir profité du temps législatif qui vous était imparti pour avancer sur le fond, par la loi, en proposant de nouvelles réformes plus ambitieuses et volontaristes ? Ou tout simplement en se donnant les moyens de faire appliquer les lois déjà votées ?

A force de temporiser, de s’en remettre seulement et toujours au progrès technique, voici où nous en sommes aujourd’hui. Au pied du mur, des déchets plastiques jusqu’à la gorge – et même d’ores et déjà au sein de nos organismes. Dès lors contraints d’agir encore plus vite et plus fort.

Le groupe Ecologie Démocratie Solidarité, que j’ai eu l’honneur de co-présider l’année dernière, a toujours été force de proposition sur ces sujets. Vous auriez pû nous soutenir lors de ces combats. Vous ne l’avez pas fait. Je répète donc aujourd’hui : notre biodiversité mérite mieux, notre santé mérite mieux, nos enfants méritent mieux que des BLA-BLA-BLA !

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