Sauvons l’enseignement français à l’étranger – Tribune députés LREM français de l’étranger

Le Petit Journal – 22 Décembre 2017

Tous issus de la société civile nous nous sommes engagés dans la vie politique sans autre intérêt que de transformer notre pays. Suite au débat budgétaire qui s’est tenu au Parlement, il nous parait indispensable de vous rendre compte de nos actions et de notre vision de l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger.

La France bénéficie d’un réseau unique au monde qui permet à des milliers d’élèves de tous les horizons de bénéficier d’un enseignement en français de valeur qui porte l’ambition universelle de la France aux quatre coins de la planète. Comme tous les Français qui résident à l’étranger, nous en sommes fiers.

Alors que l’ancienne majorité avait voté d’importantes baisses de budget de l’AEFE, le Président de la République, Emmanuel Macron, conscient de ce formidable atout dans la mondialisation, a rappelé sa volonté de sanctuariser ce budget. Le budget 2018 sera d’ailleurs en légère hausse passant à 398 millions d’euros d’engagements. Si l’on rajoute les 110 millions d’euros consacrés aux bourses scolaires, c’est en tout plus d’un demi-milliard d’euros par an que tous les contribuables français investissent dans l’enseignement français à l’étranger, premier moyen d’influence dans le monde.

Ces investissements ont un coût et nous partageons la volonté du gouvernement et la nécessité de restructurer en profondeur les moyens de l’Etat pour rentrer dans un processus vertueux de rationalisation des moyens publics et de responsabilisation des agences de l’Etat.

Depuis un certain nombre d’années, l’AEFE fait face à des déficits structurels : la Cour des Comptes a d’ailleurs rappelé la nécessité d’une amélioration de la gouvernance et de la gestion de l’AEFE.

Dans ce contexte, chacun doit faire face à ses propres responsabilités. Il nous incombe à nous, députés de la majorité, de proposer des solutions réalistes qui garantissent un véritable avenir pour notre réseau solide, durable et efficace.

C’est pour ces raisons que nous n’avons pas voté les amendements déposés par les Sénateurs qui laissaient croire qu’il était possible de récupérer 30 millions d’euros contre l’avis du Gouvernement. Cela aurait envoyé un message contraire à l’esprit de responsabilité demandé à l’agence pour se réformer et encourager des solutions innovantes notamment en matière de financement.

Ainsi, au nom des députés Français de l’étranger, j’ai interpellé le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, durant les questions au gouvernement, pour rappeler notre attachement au réseau de l’AEFE. Nous avons donc souhaité porter une voix alternative qui permettrait de maintenir l’aide à la scolarité avec un amendement augmentant de trois millions d’euros le budget des bourses scolaires que nous avons finalement décidé de retirer suite aux engagements du gouvernement d’utiliser la soulte de 10 millions d’euros si nécessaire. Nous l’avons complété d’un autre amendement qui répond aux besoins de formation continue et de certifications des enseignants en contrat local.

Car au-delà du débat budgétaire c’est bien une transformation de notre réseau que nous souhaitons porter ! Et nous souhaitons aider l’AEFE à répondre à ses défis sans passer systématiquement par une augmentation de la dépense publique qui conduirait irrémédiablement notre système à sa perte.

Il nous faut ensemble, repenser ce réseau d’influence et lui fixer les objectifs ambitieux et réalistes. Parmi ces objectifs, nous considérons que l’universalité, le développement du réseau et le soutien à la mixité sociale par un meilleur accès aux bourses sont les trois axes principaux qui guideront notre action.

Pour mener cette transformation, le Gouvernement nous a confié une mission parlementaire afin d’engager une réflexion profonde sur le fonctionnement de l’agence. Nous lancerons une consultation dans les prochaines semaines pour évaluer l’agence et ainsi permettre à tous nos concitoyens de nous aider à moderniser l’AEFE. Vous pourrez ainsi nous aider à sauver l’enseignement français à l’étranger.

 

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