Mobilisation sociale au Chili : ma position.

Mobilisation sociale au Chili : ma position.

Depuis le 18 octobre, chiliennes et chiliens descendent dans la rue pour manifester. Il s’agit de la plus grande protestation sociale que le pays ait connu depuis des décennies. Déclenchée par l’augmentation du prix du métro à Santiago, aujourd’hui les citoyens contestent plus largement les inégalités sociales, le prix de la vie quotidienne et le modèle institutionnel du Chili.

Je souhaite au Gouvernement et à la classe politique chilienne d’être ouverts à ces revendications. Comme je l’ai déjà exprimé sur les réseaux sociaux : « En temps de crise, toujours plus de démocratie et jamais plus de violence ». En effet, pour éviter la polarisation et l’escalade de la violence, un dialogue constructif, honnête et pacifique doit se mettre en place.

Le premier pas pour avancer dans ce sens, est d’établir si des violations des droits de l’Homme ont eu lieu pendant l’état d’urgence tenu au début de la mobilisation. À ce propos, je salue le lancement de la mission composée de représentants des Nations Unies et de la société civile, chargée de vérifier cela.

La mobilisation pacifique de plus d’un million de chiliens à Santiago vendredi 25 octobre, la fin de l’état d’urgence et du couvre-feu, le retrait de l’armée et les annonces du Président Pinera, montrent bel et bien qu’un dialogue peut être établi. Ce travail doit se poursuivre, en associant les citoyens chiliens, la société civile et tous les partis politiques, afin d’établir la feuille de route pour un nouvel pacte social au Chili.

L’exercice démocratique est rythmé par les élections, mais nos démocraties évoluent, et des citoyens partout dans le monde demandent qu’une expression démocratique continue soit possible. Une des pistes évoquées par nombreux acteurs pour sortir de l’impasse actuelle au Chili est la mise en place d’une Assemblée Constituante ou d’un processus de participation citoyenne plus large. Cet exercice pourrait ouvrir un dialogue constructif entre forces politiques et société civile, et permettre au chiliens de participer à l’évolution d’un cadre institutionnel qui date de la dictature militaire d’Augusto Pinochet. Cette Assemblée Constituante pourrait intégrer des citoyens tirés au sort comme c ‘est le cas de la Convention Citoyenne pour le Climat qui se réunit actuellement en France.

Le Chili n’est pas le premier pays à faire face à la colère citoyenne, et il ne serait pas non plus le premier à tourner la page de l’affrontement vers le dialogue en mettant en place un processus de démocratie participative. L’Islande a ainsi mis en place un processus constitutionnel participatif suite à une crise sociale, et des pays comme l’Estonie ou des villes comme Madrid ont aussi inclus les citoyens dans la prise de décision afin de renouer le lien de confiance avec les responsables politiques. En France, nous avons opté pour un processus d’ampleur inédite suite à la mobilisation des Gilets Jaunes. Même si imparfaite, cette expérience nous a permis d’écouter et de traduire en actions, les attentes de nos concitoyens. Aujourd’hui, un exercice de démocratie délibérative avec 150 citoyens tirés au sort se déroule en France avec le but de proposer une feuille de route pour une transition écologique plus rapide et une meilleure justice sociale.  Ces nombreuses expériences pourraient servir d’inspiration au Chili pour faire de cette crise, une opportunité.   

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© 2019 Paula Forteza - Députée des Français d'Amérique latine et des Caraïbes