Crise politique en Bolivie – novembre 2019

Crise politique en Bolivie – novembre 2019

La situation.

Le 20 octobre 2019, les boliviens ont été appelés aux urnes dans le cadre d’une élection très politisée entre Evo Morales (président sortant) et Carlos Mesa (ancien président). La mission d’observation de l’Organisation des Etats américains (OEA), comme l’Union européenne et autres pays de la région, ont émis de « sérieux doutes » sur le scrutin et appelé à « la tenue d’un second tour pour rétablir la confiance et s’assurer du respect du choix démocratique du peuple bolivien ». Le président sortant, Evo Morales, a finalement été donné vainqueur, jeudi 24 octobre, dès le premier tour face au centriste Carlos Mesa, avec 47,07 % des voix contre 36,51 %, mais des soupçons de fraude pèsent sur le processus électoral. Le candidat d’opposition, Carlos Mesa, a annoncé dans la foulé qu’il ne respecterait pas ces résultats et a appelé les Boliviens à se mobiliser.

Après 3 semaines de contestation, des mutineries de la police et un nouvel rapport de l’OEA sur les soupçons de fraude lors de l’élection du 20 octobre, Evo Morales a proposé le remplacement des membres de la commission électorale, et la tenue d’un nouveau scrutin. Dans la foulée, le commandant en chef de l’armée bolivienne Williams Kaliman a demandé au président de renoncer à son mandat de président. Quelques heures plus tard, Evo Morales a annoncé sa démission et son exile au Mexique.

Malgré l’absence de quorum au Parlement et l’instabilité sociale et politique du pays, la deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez (droite conservatrice), s’est proclamée, mardi dans la soirée, présidente par intérim. D’après la Constitution, Jeanine Añez doit convoquer une élection présidentielle dans les quatre-vingt-dix jours suivant la démission d’Evo Morales.

D’après la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), les manifestations en Bolivie ont fait au moins 23 morts et 122 blessés et la haut commissaire des Nations unies (ONU) aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a dénoncé samedi 16 novembre « l’usage inutile et disproportionné de la force par la police et l’armée » en Bolivie.

Ma position et la position du Gouvernement.

Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a répondu au questionnement sur la position de la France.

La France prend acte de cette décision et des annonces qui ont été faites sur l’organisation de la transition. Elle appelle toutes les parties à la retenue. Elle souhaite que de nouvelles élections puissent être organisées dans les meilleurs délais. Un climat apaisé est essentiel pour avancer de manière constructive vers une résolution pacifique de cette crise dans un cadre démocratique.

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/bolivie/evenements/article/bolivie-q-r-extrait-du-point-de-presse-14-11-19

La crise bolivienne est complexe du fait de la polarisation de la société et du débat publique. Il nous revient en tant qu’observateurs et membres de la communauté internationale, de ne pas faire des amalgames ou des raccourcis quant à la situation en Bolivie. D’une part, je soutiendrais toujours le respect des institutions et de la démocratie. Ni une fraude électorale, ni l’ingérence des forces armées dans l’ordre constitutionnel, ni la proclamation de facto d’un gouvernement non élu pourront être la réponse. Il revient au peuple bolivien de choisir librement ses représentants, d’où l’urgence d’un appel à des élections transparentes au plus vite possible. De même, nous devons être vigilants quant à la présence de l’armée et de la police dans l’espace publique et éviter toute tentation de répression violente. Le dialogue, la paix, le respect des institutions et l’autodétermination via une expression démocratique doivent être rétablis pour permettre une pacification et une sortie de crise digne pour le peuple bolivien. Pour plus d’informations :

Pour plus d’informations :

  • Réélu président de la Bolivie, Evo Morales exclut « toute négociation politique » avec l’opposition, Le Monde, 27/10/2019 : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/27/elu-president-de-la-bolivie-evo-morales-exclut-toute-negociation-politique-avec-l-opposition_6017065_3210.html
  • Bolivie: Morales promet la tenue d’une nouvelle élection présidentielle, Le Figaro, 10/11/2019 : https://www.lefigaro.fr/international/bolivie-morales-promet-la-tenue-d-une-nouvelle-election-presidentielle-20191110
  • Le président bolivien Evo Morales annonce sa démission, RFI, 10/11/2019 : http://www.rfi.fr/ameriques/20191110-bolivie-evo-morales-annonce-demission
  • En Bolivie, le pouvoir intérimaire promet de convoquer « très vite » des élections, Le Monde, 18/11/2019 : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/18/bolivie-le-pouvoir-interimaire-promet-de-convoquer-tres-vite-des-elections_6019525_3210.html
  • Rapport de l’OEA : https://www.sciencespo.fr/opalc/sites/sciencespo.fr.opalc/files/Informe-Auditoria-Bolivia-2019%281%29.pdf
  • Quelles leçons internationales de la crise bolivienne en Amérique latine? Sciences Po, Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes : http://www.sciencespo.fr/opalc/sites/sciencespo.fr.opalc/files/Quelle%20analyse%20des%20relations%20internationales%20latino.pdf
  • Question au Gouvernement sur la situation en Bolivie à Amélie de Montchallin, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, mardi 12 novembre 2019 (à 00:56:17 ) : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.8413880_5dcb0cbf58cc4.questions-au-gouvernement—mardi-12-novembre-2019-12-novembre-2019

One Reply to “Crise politique en Bolivie – novembre 2019”

  1. Il est regrettable que vou n’appeliez pas un chat un chat. Il s’agit d’un coup d’Etat en bonne et due forme. Il semble quelque peu disproportionné mettre sur un même plan “des soupçons de fraude” et “l’ingérence des forces armées”. Surtout quand la fraude n’est pas encore vérifiée, le rapport de l’OEA portant sur moins d’un 1% des urnes, mais l’ngérence se solde provisoirement par plus de 20 morts.
    Taire le caractère raciste des forces actuellement au poivoir en Bolivie n’aide par, me semble-t-il.
    Cordialement,

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© 2019 Paula Forteza - Députée des Français d'Amérique latine et des Caraïbes